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Éloïse ∞ Histoire de famille

Je n’ai jamais fait l’étude de mes racines généalogiques mais les premières belles histoires que j’ai entendues sont celles de mon arrière grand-père agriculteur. Le dimanche, alors que tout le village se rassemblait à l’église pour la messe, lui préférait aller aux champs. À la sortie des ouailles, il conduisait son tracteur devant le parvis, fier de montrer sa charrette remplies de pommes de terre, récolte du petit matin. Pour lui il n’y en avait pas de congés et le Bon Dieu, on le rencontrait au temps de la moisson.

Ensuite il y a eu son fils. Quand je pense à des pouces verts, je pense à ceux de mon grand-père, Bernard Lamoureux. Il est né en 1918, un chiffre qui m’émeut et me surprend à chaque fois que j’y pense. Il était technologue en bâtiment de profession, surtout pour faire plaisir à ma grand-mère qui préférait la ville. Il a toutefois toujours gardé un lopin de terre à Laval, autrefois appelée île Jésus, berceau de terres fertiles à l’époque. C’était son petit paradis, son oasis près de la ville. Quand j’étais petite, il me préparait la meilleure compote de pomme et à ma soeur, des conserves de betteraves au vinaigre. Jusqu’à son décès en automne dernier, il détenait encore le record pour les pots les mieux scellés de la région. Une poigne de fer mon grand-père !

Parlant d’homme fort, ce fut au tour de mon père. Il a su qu’il voulait être cultivateur très jeune parce qu’en grandissant, cette petite terre du rang Saint-Antoine, c’était aussi son paradis. Les tracteurs surtout le passionnaient, avec leurs grosses roues et leur fourches qui retournaient le sol comme on peut baratter le beurre. Il a eu la chance de rencontrer ma mère qui étudiait la biologie et qui possédait un brin de folie, juste ce qu’il fallait pour le suivre dans ses projets. Ensemble ils ont cultivé les tomates et les fraises, puis les fleurs vivaces à plus grande échelle. Trente ans plus tard, ils sont toujours producteurs et depuis trois ans, ils cultivent aussi des plants de légumes et des herbes fines certifiés biologiques.

Puis il y a moi. Toute ma vie j’ai grandi sur une terre entourée de champs, d’une forêt et d’un étang à castor, à l’intersection d’un rang et d’une montée. Il y a eu le tracteur, les serres, les fleurs, les chèvres, la «bouette», les chevaux. C’était beau, on a été choyé ma soeur et moi. Pourtant, je n’ai jamais eu l’idée de reprendre l’entreprise familiale. C’est plutôt la ville qui me tentait trop, moi le mouton noir. J’ai décidé d’étudier en communication dans le domaine des arts et je suis tombée amoureuse de Montréal, de ses lumières, ses spectacles, ses restaurants, ses cafés, ses quartiers…

On se retrouve aujourd’hui. Je suis en quelque sorte séparée en deux avec d’un côté mes racines, la terre, et de l’autre mon futur, la ville. C’est la raison pour laquelle le projet de Chou-navet a été créé et la raison pour laquelle il m’emballe. Chou-navet, c’est ça en fait, c’est le pont, c’est ce que j’ai trouvé pour relier ces deux rives. Je crois que beaucoup pourront s’y retrouver, il y a présentement un bel engouement pour l’agriculture, la cuisine, les produits locaux, bref un retour aux sources. Cette sensibilisation est particulièrement importante pour l’avenir de Montréal. Nous voulons participer au mouvement déjà en place et cultiver les balcons, les ruelles, les jardins, les toits et pourquoi pas la ville entière! Pour moi c’est logique. Avec Chou-navet, je veux rendre accessible de bons produits, goûteux et respectueux, et surtout prouver aux gens qu’il y a en chacun de nous un pouce vert qui sommeille et qui veut qu’on le réveille !

P.S. Oui, la photo c’est moi qui se « bourre la fraise » dans un champs de fraises.

Éloïse Desrochers-Lamoureux
Présidente

Billet 2 - 7 (1)

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Puis il y a moi. Toute ma vie j’ai grandi sur une terre entourée de champs, d’une forêt et d’un étang à castor, à l’intersection d’un rang et d’une montée. Il y a eu le tracteur, les serres, les fleurs, les chèvres, la «bouette», les chevaux. C’était beau, on a été choyé ma soeur et moi. Pourtant, je n’ai jamais eu l’idée de reprendre l’entreprise familiale. C’est plutôt la ville qui me tentait trop, moi le mouton noir.

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